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Besoin d’amour

Publié dans la catégorie Mes créations, le 9 mars 2005

J’étais enfin tranquille pour faire le déjeuner, quand la porte d’entrée a sonné ce matin. Comme personne ne se déplace jamais pour ouvrir cette fichue porte, c’est moi qui suis allée ouvrir. Je me suis trouvée nez à nez avec un charmant jeune homme d’une vingtaine d’années. Après l’avoir rapidement scruté, je l’ai trouvé bien nerveux. « Je viens voir Olivia, je suis pressé » m’a-t-il dit.
Tout s’explique ! « Oli ! Oli ! C’est pour toi ! Dépêche ! » Ma chère petite sœur a dévalé les escaliers avec sa délicatesse naturelle et est venue embrasser le petit gars sur le pas de la porte.
Ils ont filé dans la chambre d’Olivia. Elle avait l’air tout excitée de le voir.
Il faut dire que depuis deux mois, on ne la reconnaît plus notre petite Oli. Elle chante sous sa douche, elle fait la cuisine, elle ne nous pique plus d’argent, elle tient ses comptes, c’est extraordinaire ! Elle est en train de grandir mais elle gardera toujours son âme d’enfant. En tous cas, il faudra que je dise à ce charmant jeune homme qu’il peut revenir quand il veut !

Je suis retournée surveiller mes pommes de terre sur le feu et j’ai entendu les Wriggles à fond dans la chambre d’Olivia.
Et puis, dix minutes après, j’ai vu repasser les deux tourtereaux. « Je te donne ma nouvelle adresse mail dès que je l’ai ! » a crié Olivia dans les escaliers et la porte s’est fermée.
La maison s’est tue. Seul le chant de mes pommes rissolées remplissait ce silence. Je les ai laissé rissoler en paix et j’ai été voir. Ma petite Oli était assise contre la porte d’entrée, le regard dans le vague, des grosses larmes coulaient sur son visage.
Il n’y a pas d’âge pour être déçu par un homme, on en pleure encore à 20 ans et même après.

Oli a su rester forte devant lui. Ca lui aurai fait trop plaisir qu’elle craque, qu’elle explose en sanglots quand il était là !
Elle s’en doutait quand elle a vu son regard sur le pas de la porte, mais elle l’a laissé faire son travail jusqu’au bout. Il lui a dit que c’était pas possible de continuer, qu’il ne serait jamais amoureux, qu’il valait mieux arrêter maintenant avant qu’elle n’en souffre et toutes sortes de justifications plus futiles les unes que les autres.
Il aurait certainement voulu qu’elle devine, qu’elle lui simplifie la tâche... chacun sa part de boulot. C’est pas lui que j’ai retrouvé pleurnichant devant la porte !

Olivia a séché un peu ses larmes et on a discuté en mangeant mes pommes de terre. Deux mois de pur bonheur. Deux mois magiques...

Ca m’a étonné d’Olivia au début. D’habitude il faut des mois pour qu’elle s’attache à un mec. Il faut croire que c’était le coup de foudre ! Il a bien fait les choses aussi : quatre textos par jour, des mails de fous où il ouvrait son cœur et déchirait celui d’Olivia, etc… Il savait ce qu’il voulait et Oli ne s’est pas laissé faire comme ça, il a mis les moyens qu’il fallait !

Maintenant, elle se dit que c’est de sa faute, qu’elle n’aurait pas du s’ouvrir ainsi à un mec. Elle s’en veut de l’avoir aimé, de s’être attaché à lui comme ça, si vite. J’ai essayé de lui remonter le moral en lui disant qu’il avait peut-être fait ça au bon moment et qu’il ne restait que des bons souvenirs. Elle ne m’écoutait pas. Sauvage et indépendante comme elle peut l’être, elle s’est enfermée dans sa chambre. Sous cette façade, c’est une fille qui n’a ni confiance en elle, ni en ceux qui l’entourent. Elle est très sensible, mais tout le monde ne s’en rend pas compte. Lui, il a du s’en rendre compte !

Je sais que ça lui passera, on passe toutes par là. On fini toujours par se dire que se sont de beaux cornards et qu’ils jouent bien leur rôle. Un mec qui déploie une telle énergie pour quelqu’un qu’il connaît à peine, c’est déjà louche. Je m’en serait méfié à sa place. Elle avait sûrement besoin de ça. Elle voulait y croire, comme lui y a cru. Elle voulait le connaître et s’est ouverte à cette nouvelle relation.

Pendant deux semaines, elle va penser à lui ; son sourire, ses gestes, sa tendresse vont lui manquer. Elle va se trouver au-dessous de tout. Deux semaines après, elle se déchaînera sur sa boite mail en lui disant qu’il s’est bien fichu d’elle et qu’elle aimerait qu’ils restent amis. D’ici 2 mois, ils iront prendre un verre ensemble dans un bar du 6ème arrondissement et ça sera de l’histoire ancienne.

En attendant, il faudra prendre soin d’Oli et lui montrer qu’il y a des gens qui tiennent à elle et qui ne la trahiront pas. Elle a tant besoin d’être aimée !

« Le bonheur n’est pas le droit de chacun, c’est un combat de tous les jours. Je crois qu’il faut savoir le vivre quand il se présente à nous. » Orson Welles


1 commentaire

  • 21 mars 2005 17:33, par nounours

    ... si réaliste, qu’une fois plongé c’est pire qu’un livre pationnant, on en cherche la suite... En tout cas, ne pert jamais toutes tes idées ainsi que ta si belle plume, car sincérement elle est magnifique, alors profites-en...

    PS : Ecris aussi bien dans ton mémoire et ils craqueront tous...
    Bon courage à toi




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