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L’angoisse du Tube

Publié dans la catégorie Cogitations, le 26 septembre 2011

Passé les premiers mois à trouver le tube "trop chouette" parce que différent du metro parisien, survient l’angoisse du trajet matinal quotidien. Entre 8h et 9h, sur la Northern Line, se livre une guerre psychologique incroyable.

D’abord tu entres dans la station, sachant pertinemment que tu vas payer ta panne de réveil en litres de déodorants à la sortie. Bon, mais tu n’en es pas encore sortie ma chérie !

Tu aperçois le tableau des horaires, en passant ta Oyster. 1 train toutes les 2 minutes, on a vu pire. Tu déchantes vite quand en arrivant sur le quai, la foule des autres usagers recouvre déjà la moitié de la largeur du quai. Ça s’annonce rude ce matin !

Tu avances sur le quai, scrutant ceux qui sont les plus nonchalants, les types encore endormies, la nana stressée et déjà en nage, etc.
Tu avances le plus possible vers l’avant du quai, là où les gens n’avancent pas, pas flemme.
Le tube arrive, décoiffant tout le monde sur son passage, tu l’as enfin ta coupe "saut du lit".

Agglutinés devant les portes, tu as du mal à te dire qu’il va falloir rentrer dans ce tube, déjà archi plein. Les faces des autres collées sur la vitre te découragent mais il faut y aller, t’es pas une lopette toi ! Tes compatriotes de quai essaient eux aussi de garder leur contenance et leur courage pour entrer dans la bataille. Certains attendront le prochain tube, mais toi, tu as pu entrer. Tel du bétail, tu t’es entassée entre une tasse à café et un magasine.

L’angoisse commence. Tu suis les virages et freinages au rythme de la masse de gens qui bougent en meme temps que toi. L’individu n’existe plus, tu formes une masse informe, comme de la pâte dentifrice dans un tube (il porte si bien son nom).
La première station s’ouvre de ton coté, un peu d’air, tu en profites pour décourager d’un seul regard les gens du quai de monter.

Toujours collée à la vitre de la porte, tu regardes le mur défiler. La prochaine station s’ouvrira de l’autre coté. Tu es donc coincée entre une porte vitrée qui donne sur un mur et des gens qui te cachent la lumière, beaucoup plus grands que toi. Tu luttes pour ne pas sombrer dans l’obscurité. La prochaine station est proche, les gens vont descendre en masse, tu pourras rejoindre le centre de la rame, c’est une question de minutes. Tu essais de concentrer ton esprit sur autre chose, il faut tenir, c’est dans ta tête.

Mais les minutes s’allongent, le tube s’arrête sans raison, aux abords de la station. Tu respires, tu te concentres sur la lumière que tu aperçois au centre. Il fait si chaud. Tu vois d’ici la bouteille de jus de citron salvatrice qui t’attend à la sortie.

Finalement, après 5 minutes de concentration et d’images positives, tu craques et descends du train, laissant un camarade de quai prendre ta place, ravi de ton malheur. Tu prendras le prochain et tu joueras encore des coudes pour rentrer et décourager les autres de te suivre.

À la sortie, c’est avec un petit sourire de victoire que tu laisseras "les agglutinés" à leur sort en sortant du tube, assorti d’un petit "sorry".


2 commentaires

  • 26 septembre 2011 15:01, par Denis

    Ca ne change pas beaucoup du métro Parisien à certaines heures.


  • 26 septembre 2011 15:37, par Annouchka

    Ceci dit même si le métro parisien est aussi bondé le matin, je le trouve moins oppressant que celui de Londres qui est plus "fermé". La forme des wagons un peu arrondie fait qu’on se sent vraiment très à l’étroit... Je ne l’ai emprunté que quelques fois durant mes séjours à Londres mais à chaque fois j’ai ressenti cette sensation d’oppressement.

    Le top c’est le métro de NYC, large et climatisé :D




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